Dorsalgies

NOTIONS D’ANATOMIE

Après le rachis cervical, axons-nous sur le rachis thoracique aussi appelé rachis dorsal. Ce dernier est situé entre le rachis cervical et le rachis lombaire.

Le rachis thoracique est composé de 12 vertèbres articulées les unes aux autres. Sur chacunes d’entre-elles viennent s’articuler les côtes. Cette association forme une cage thoracique rigide jouant un rôle protecteur de l’appareil cardio-respiratoire mais également un rôle dans la modification du volume de la cage thoracique lors de la respiration.

Les muscles du dos et du thorax participent à l’inspiration et également au maintien de la station debout. Ce double rôle implique une sollicitation permanente dans les actes de la vie quotidienne et pourrait ainsi expliquer la fréquence des dorsalgies fonctionnelles liées à une faiblesse musculaire croissante compte tenu de la sédentarité croissante. De plus, la rigidité du rachis thoracique serait à l’origine d’une augmentation des problématiques sur les zones charnières (zones de changement des courbures fonctionnelles) en relation immédiate avec le rachis dorsal.

LES DIFFERENTS TYPES DE DOULEURS DORSALES

De la même manière que les cervicalgies, les dorsalgies ou douleurs dorsales sont plus ou moins invalidantes. Une anomalie de la statique vertébrale comme une scoliose pourrait être un facteur anatomique favorisant les dorsalgies.

Il existe des dorsalgies de plusieurs types :

  • dorsalgies aigues non traumatiques :
    • dorsalgies posturales : pouvant être la conséquence d’une mauvaise position journalière ;
    • dorsalgies mécaniques (plus intenses la journée ou lors d’une activité physique) : pouvant être résultantes d’arthrose qui touche l’intégrité des structures articulaires. D’un point de vue mécanique, la raideur dorsale peut également être due à une raideur cervicale ou lombaire ;
    • dorsalgies neurovégétatives : le stress peut entraîner des contractures des muscles de la région du cou, des épaules et du dos ;
    • dorsalgo généralement consécutif à un faux mouvement ;
    • tassement vertébral en rapport avec l’ostéoporose ;
    • douleurs fonctionnelles en rapport avec :
      • les menstruations ;
      • des maladies psychiques ou psychosomatiques ;
      • une irritation d’un nerf intercostal (névralgies intercostales) ;
  • dorsalgies aigues traumatiques pouvant apparaître à la suite d’un accident de la voie publique (grosse contracture dorsale), par l’absorption d’un choc avec les bras ou d’une chute importante sur le dos ou le coccyx, conduisent à des examens radiologiques obligatoires qui sont prescrits par votre médecin traitant pour vérifier l’absence de fracture ou d’autres lésions ;
  • dorsalgies chroniques ;
  • dorsalgies non mécaniques sont principalement d’origine :
    • infectieuse ;
    • inflammatoire (douleurs plus importantes le soir et la nuit, s’estompant généralement dans la journée) ;
    • tumorale ;
  • ces dorsalgies non mécaniques pouvant être des irradiations d’origine :
    • cardiaque (infarctus, angine de poitrine, péricardite) ;
    • pulmonaire (pneumothorax) ou pleurale (pleurésie) ;
    • gastrique ;
    • vésiculaire, pancréatique ou hépatique (calculs vésiculaires, maladie du pancréas ou colique hépatique) ;
    • rénale (colique néphrétique).

LES DIFFERENTS TYPES DE TRAITEMENTS

  • traitement médical :
    • en première intention, votre médecin traitant vous prescrira du paracétamol (antalgique de niveau 1) ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ;
    • si les douleurs ne sont pas suffisamment soulagées, votre médecin peut prescrire un traitement médicamenteux plus fort :
      • association de paracétamol ET codéine (agoniste morphinique) ;
      • tramadol (antalgique de niveau 2) ;
      • association de paracétamol/tramadol ;
    • en cas de contracture musculaire douloureuse : myorelaxants ;
    • en général, les médecins vous prescriront la « triade » correspondant à une association d’antalgiques, d’anti-inflammatoires et de myorelaxants ;
    • votre médecin pourra également vous conseiller du repos de courte durée (1 ou 2 jours maximum) ou des douches et bains tièdes ;
  • traitement manuel :
    • le médecin (généraliste ou rhumatologue) pourra prescrire des séances de :
      • kinésithérapie en complément du traitement médicamenteux. Une moyenne de 15 séances nécessaires (massages et renforcement des muscles dorsaux souvent alternés avec de l’électrothérapie, des ultrasons ou des infrarouges) ;
      • rééducation (kinésithérapie) et la reprise d’une activité physique adaptée : l’éducation gestuelle est fondamentale !
    • médecines douces : mésothérapie, acupuncture ;
    • ostéopathie : 2 à 3 séances seront nécessaires pour des résultats à court et moyen terme ;
    • ostéopathie biomécanique : 1 à 2 séances seront nécessaires pour des résultats à moyen et long terme.
  • traitement chirurgical : les traumatismes graves avec fracture osseuse, luxation ou sub-luxation articulaire vraie nécessitent un traitement chirurgical.

CAUSES LES PLUS FREQUENTES

  • arthrose ;
  • muscles affaiblis ;
  • mauvaise posture/mauvais maintien du dos au quotidien ;
  • efforts musculaires répétés ;
  • discopathie ;
  • élongation ou déchirure musculaire au niveau du dos ;
  • fracture provoquée par ostéoporose ;
  • hernie discale ;
  • spondylarthrite ankylosante (SPA) ;
  • zona intercostal.

FACTEURS FAVORISANTS

  • malformation du rachis ;
  • sédentarité ;
  • âge ;
  • grossesse :
  • ménopause ;
  • surpoids ;
  • tabagisme ;
  • anxiété ;
  • surmenage.

RECIDIVES

De la même manière que les cervicales, les récidives de dorsalgies aiguës sont possibles, ces dernières pouvant se transformer en dorsalgies chroniques. Lorsque cela arrive, il est utile de rechercher une mauvaise position ou prise sans y prendre garde de façon prolongée. La chronicité peut être liée à certains facteurs psychologiques et sociaux peuvent également ralentir l’évolution vers la guérison (tensions professionnelles, tensions familiales, forte inquiétude face à la douleur…). Cependant, les dorsalgies chroniques sont monnaie courante et se généralisent à toutes les professions (TMS).

COMPLICATIONS

Souvent bénignes, les dorsalgies disparaissent spontanément en quelques jours ou quelques semaines (dans 90% des cas, en 5 semaines).

Les dorsalgies chroniques sont définies comme des douleurs dorsales ayant une durée de plus de 3 mois. Ces dorsalgies affectent toutes les activités de la vie quotidienne et peuvent, à la longue, provoquer une dépression.

EXAMENS COMPLEMENTAIRES

  • radiographies dorsales (bilan osseux) : face et profil. Celles-ci sont prescrites en cas de :
    • traumatisme dorsal ;
    • douleurs et raideurs plus ou moins intenses et d’intensité croissante ;
    • résistance au traitement médical scrupuleusement respecté (cf. 1/2 vie des médicaments) ;
    • en cas d’aggravation des signes cliniques ;
  • biologiques (bilan inflammatoire) : vitesse de sédimentation et dosage de la protéine C réactive ;
  • IRM et scanner : indiqués en fonction des résultats des deux précédents examens ou pour la recherche d’une étiologie spécifique mais jamais en première intention.

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